MAXI Anecdotes - Périn/Chatriot - Acte 4 et 5

Voici la suite …et la fin... des anecdotes liées à la MAXI 5 Turbo de Michel Périn et de son pilote François Chatriot…….Acte 4 et 5.

Acte 4 - Le Rallye du MONT-BLANC 1986

- Comment mettre la pression à son camarade

Le Rallye du MONT-BLANC est la rentrée des classe pour les veinards que nous sommes, veinards d’avoir fait de notre passion un métier…et quel métier 😃.

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3 équipages sont principalement capable d’emporter la victoire scratch : AURIOL-OCCELLI sur METRO 6R4, le regretté Philippe TOUREN et son coéquipier Albert NEYRON sur une MAXI 5 Turbo, ainsi que CHATRIOT- votre serviteur sur la voiture soeur.

Rappelons nous que le talentueux Philippe TOUREN - s’il est au volant d’une auto très proche de la nôtre - roule avec des moyens plus limités que ceux dont nous disposons.

Le rallye part très bien pour nous, puisque nous réalisons notre 1er temps scratch dans l’ES1 "Le SEMNOZ" devançant AURIOL-OCCELLI et TOUREN-NEYRON.

Le moral est donc au beau fixe…..mais pas pour longtemps malheureusement !

En effet, dès la seconde ES "Le CLERGEON" que nous entamons sur un gros rythme, notre MAXI s’arrête brutalement.

Nous sortons comme des ressorts de la voiture, et constatons quand le « Chat » tente de remettre le moteur en route, que la poulie entrainant la pompe à injection ne tourne pas …scrongneugneu 🤬.

François plonge ses mains dans la minuscule trousse à outils embarquée, et - miracle - trouve une clé allen de la bonne taille pour resserrer cette fameuse poulie.

La panne est réparée…mais le temps perdu nous classe en dernière position au classement général….c’est comme çà…il va falloir faire avec !

Nous repartons à l’attaque et rentrons à la fin de l’étape en 8ème position.

Je fais mes calculs, et indique au « Chat » qu’il faudrait reprendre 2 secondes par kilomètre à l’équipage TOUREN-NEYRON, pour pouvoir envisager leur subtiliser la seconde place à laquelle ils sont solidement installés.

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Jusque là, nous n’avons jamais réussi à « mettre » 2’’ au kil à Philippe et Albert…donc - à priori - mission impossible !

Que neni, CHATRIOT me sort le grand jeu dès les premières ES du lendemain matin, et dépasse mes prévisions les plus optimistes, en créant dans chaque ES courue un écart supérieur à ses fameuses 2’’ au Kil…..ce qui a pour effet probable de faire « craquer » Philippe TOUREN, qui - voyant l’avance de son équipage fondre comme neige au soleil - crève dans la difficile ES de BISANNE.

Je suis soulagé, car la vitesse employée par « FC » était - selon moi - un poil risquée, et la crevaison de nos adversaires nous permet de fixer un nouveau tableau de marche plus raisonnable.

J’ai copiloté François CHATRIOT pendant 9 années, et ne le remercierai jamais assez de ne m’avoir quasiment jamais « mis dehors »….tout en réalisant des performances de premier plan……BRAVO à lui : ce qui s’appelle piloter avec sa tête (enfin ..presque tout le temps 😜).

Nous atteindrons l’objectif visé, en terminant à la place de dauphin, synonyme de précieux points dans l’optique du championnat.

Acte 5 - Le Rallye ALSACE-VOSGES 1986

- J’apprends à sauter en marche !

Le Rallye ALSACE-VOSGES est un peu mon « Home-Event » , non parce j’habite sur place, mais parce que - lorrain d’origine - j’ai écumé les routes de cette région voisine, aux cotés de différents pilotes amateurs, dont principalement Jean-Paul BOUQUET entre 1979 et 1983 (TALBOT LOTUS et SAMBA Groupe B).

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Les routes sont parfaites pour y tracer des Epreuves Spéciales, et la région Lorraine/Vosges/Alsace a vu émerger un nombre conséquent de pilotes locaux très rapides, qui ont donné bien du fil à retordre aux équipes professionnelles venant courir le célèbre Rallye de LORRAINE par exemple.

Ma jeunesse a été bercée par les noms de Jacques HENRY, Christian DEBIAS, Francis ROUSSELY, Claude DORMOY, Jean-Claude VAUCARD, Joelle CHARDIN, Pierre MENY, Jean-Hugues HAZARD, Christian CHIARAVITA,Daniel MERMOD, et bien sur Jean-Paul BOUQUET …..ceux que je n’ai pas cité voudront bien me pardonner !

L’écurie LORRAINE (dont j’ai eu l’honneur d’être membre) regorgeait de talents…je ne résiste pas au plaisir de joindre le logo de l’écurie que son President Jean-Pierre SCHLESSER (encore un nom évocateur 😜) a récemment posté sur les réseaux sociaux !

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Nous sommes au départ de l’édition 86 du Rallye (8éme manche d’un championnat qui en compte 10) , qui nous avait vu abandonner l’année précédente sur ennui mécanique, alors que nous étions leaders, quelques secondes devant Jean RAGNOTTI-Pierre THIMONIER sur la voiture soeur !

Avant cette épreuve, AURIOL-OCCELLI sur METRO 6R4 ont gagné 3 fois, et fini second 1 fois ; tandis que nous avons remporté 3 courses, et fini à la deuxième place à trois reprises.

Inutile de vous dire que l’issue du championnat de France des Rallyes est incertaine, et que la pression est bien présente !

Plusieurs ES ont été courues et, avant l’épreuve de CHATAS (bien connue pour sa fameuse épingle à droite très serrée - voir la photo sur 2 roues)), nous sommes en tête d’une courte tête 😇.

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Alors que nous approchons de l’arrivée de l’ES dans un sous-bois toujours humide, une odeur bizarre accompagnée de fumée sort d’entre nos 2 sièges.

Je continue à égrener les notes, tout en rentrant mes mains presque entièrement dans les manches de ma combinaison, et en remontant ma cagoule ignifugée au raz de mes yeux….et pas pour des raisons esthétiques 🧐.

Et çà ne loupe pas, la situation s’aggrave (de petites flammes apparaissent), mais nous sommes bien décidés à finir l’ES pour deux bonnes raisons :

- 1) ne pas perdre de temps.

- 2) Jean-François LIENERE et notre équipe d’assistance étant postés immédiatement après le point stop (le départ de l’épreuve spéciale suivante est à quelques centaines de mètres) ; je les avertis par radio, en leur demandant - tout en annonçant les gauches et les droites - de rejoindre le point stop armés d’extincteurs 👀.

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Et, quelques mètres avant l’arrivée, je me détache, débranche la radio, range mes notes, attrape mon carnet de bord, et - une fois la ligne d’arrivée lancée franchie - je saute en marche alors que le « Chat » ralentit son élan en direction du Point Stop, que je rejoins au pas de course…..

Scène surréaliste car les extincteurs entrent en action, pendant que je remets mon carnet aux commissaires, respectant ainsi la procédure !

Malheureusement les dégâts occasionnés au réservoir d’essence sont tels que l’abandon est inéluctable.

PS : pour la petite histoire ….nous avons réalisé le meilleur temps dans cette ES devant la METRO 🤪.

Texte :Michel PERIN
photos : archives / Michel Périn
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