Maquisard : François De Spa a dû sortir le grand jeu pour vaincre Grégory Paisse

C’était une journée de l’Assomption tout simplement magnifique… en dépit de conditions météorologiques parfois désastreuses. Mais le public de la Montée Historique du Maquisard est riche de passionnés qui ne manqueraient pour rien au monde cette démonstration pour véhicules de plus de 25 ans, synonyme de plateau toujours très varié.

Et puis, il y a la Montée en Or, cette course à l’américaine organisée dès 16h30, et dont l’intensité est exceptionnelle. Il faut l’avoir vécu pour le comprendre, mais une fois qu’on y a goûté, impossible de s’en passer…

Qu’à cela ne tienne, le Maquisard, c’est avant tout une liste d’engagés riche d’une grosse centaine de voitures qui défilent les unes après les autres tout au long de la journée à l’assaut de cette côte de 2350 mètres qui fait l’unanimité. Pas la moindre notion de chrono, et l’assurance de monter jusqu’à 7, voire 8 fois, preuve que le trafic reste fluide depuis le village de Marteau, aux portes de Spa, jusqu’à ce fameux Monument du Maquisard Inconnu, sur le territoire de La Reid. Trafic fluide, mais intense festival de travers pour des concurrents avant tout présents pour passer du bon temps et amuser le public…

Chaque année, d’officieuses palmes sont à décerner à ceux qui jouent la carte de la différence et de la voiture vraiment ancienne. Se faufilant entre les gouttes avec sa somptueuse Jaguar Type C de 1966, Stefan Jacobs a fait honneur à son engagement, permettant aux observateurs de remonter le temps jusqu’à une époque que même les quadragénaires n’ont pas connue. Le public présent de grand matin a pu furtivement apercevoir la Lancia Aurelia berline 1951 d’Erik Vermaelen, que la première averse intense a forcé à abdiquer. Bien belle dame en noir que celle-là, néanmoins… Quant à l’Alfa Romeo GTA annoncée, elle n’a hélas jamais pris vie au pied de la côte, mais ce n’est que partie remise…

Une poignée de nouveautés intéressantes étaient à relever, à commencer par l’imposante Buick Skylark1964 de Didier Greif. Certes, l’engin n’était pas vraiment en mode compétition, et sous le capot, il manquait deux cylindres pour espérer la sonorité d’un V8, mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, et force est de reconnaître que ce dompteur de ‘ricaine’ a mis du cÅ“ur à l’ouvrage. Thanks a lot !

Plus modeste, mais certainement pas moins intéressante, la Renault 5 LS Coupe de José Dedry est du même tonneau que la version Gr.2 de Dominique Ancion, qu’on avait découverte à Forêt-Trooz au printemps. Elle est venue rappeler combien les bombinettes des coupes de promotion du constructeur au losange étaient proches de la série à la fin des années ’70. Du bel ouvrage de restauration, assurément…

Saluons également le désormais éternel retour de l’Alpine A110 Gr.4 ex-usine du Français Joël Favé-Lesage, tandis que Francis Gilles présentait une version de route d’un éclatant bleu de France. Les amateurs ont apprécié…

Quant à Yvette Fontaine, elle a multiplié les passages au volant d’une réplique de sa Ford Escort MK1 aux couleurs de BP, pour la plus grande joie des passionnés de l’histoire du sport auto en noir-jaune-rouge…

Yvette FONTAINE

« Ce que j’apprécie le plus, c’est le tracé de cette côte, qui me rappelle de très bons souvenirs, expliquait Yvette. J’ai roulé ici à deux reprises, et le plaisir reste le même. Et puis, quel bel événement… » Ah oui, Yvette Fontaine a fort envie de redécouvrir également l’ex-course de côte de Fléron. On devrait donc la voir en action à la Montée Historique de Forêt-Trooz l’an prochain !

Du très grand spectacle !

Ils étaient finalement 26 à titiller du chronomètre dès 16h30, Réginald Togaert devant hélas ranger sa Peugeot 205 Rallye avant même le début des festivités de fin de journée, victime de sa mécanique.

Dès la Montée en Or, dont le but consiste à se classer dans le top 10 pour poursuivre la fête, le ton était donné, et Grégory Paisse démontrait non seulement sa pointe de vitesse, mais aussi des conditions d’adaptation magistrales au volant de la VW Golf II du convalescent Tony Kevers. Résultat : 8 dixièmes de seconde de bon sur François De Spa (Ford Escort MK1) après application du coefficient d’âge ! « Je reconnais néanmoins qu’en début de journée, je ne savais plus trop comment je m’appelais, avoue Grégory. On est loin du circuit ici, et les conditions d’adhérence étaient changeantes à souhait. Mais ça vient petit à petit… »

Geoffrey Leyon

L’aventure s’arrêtait déjà pour 16 concurrents, dont Bernard Cornet (VW Cox), qui se classait à la plus mauvaise des places, la 11ème, Nathan Giozzet (Opel Kadett), qui n’a pas pris tous les risques avant quelques échéances rallye, et Michaël Jassogne, dont la VW Golf II a néanmoins proposé un potentiel intéressant. Coup de chapeau à Lionel Junius (BMW 320i E30), roi du spectacle, qui a équipé sa bavaroise d’un arceau pour affronter le chrono. Il fallait oser ! Il a notamment devancé un Kevin Falzone dont la Fiat 126 à moteur Honda 900cc de… moto reste quelque-chose d’unique en son genre. Quant à Christophe Bouille, sa chantante VW Golf II a manqué de souffle en fin de journée. Dommage.

Paisse toujours plus vite !

Lors du Top 10, Grégory Paisse enfonçait le clou et signait un 1’25’’921 corrigé en 1’26’’694. Soit 0’’15 de mieux que François De Spa, toujours 2ème. « J’avoue que je ne connaissais pas Grégory avant ce vendredi, et je suis vraiment séduit par sa pointe de vitesse, commentait De Spa. En plus, c’est un gars super sympa… Mais là, il commence à m’énerver très fort ! La journée n’est pas finie… »

L’ultime place pour le ‘Final 3’ tombait dans l’escarcelle d’un Geoffrey Leyon qui apprend… vite et bien le maniement de sa nouvelle Ford Escort RS2000 MK1. « Je pense que j’ai 60 chevaux de moins que François sous le capot, ce qui signifie que je suis à ma place, expliquait le carrossier de Banneux. En début de journée, j’espérais juste intégrer le top 10. C’est donc beaucoup mieux que prévu… »

Grégory Paisse

Fin de parcours par contre pour Jean-Pierre Van de Wauwer (Lancia Beta Monte-Carlo Gr.4), dont la belle italienne est désormais un peu courte en puissance face aux Escort et à la Golf, un excellent Vincent Duchesne au volant de l’Opel Manta A récente 2ème des Legend Boucles de Spa aux mains de Cédric Cherain, Bernard Lamy (une fois encore dans le top 6 avec sa Volvo 122S), Maxime Hébrant (aussi rapide que spectaculaire sur son Opel Manta), Bernard Herman (super fier de sa performance au volant d’une très belle Ford Escort RS2000 MK2), Daniel Reuter (auteur d’une dernière montée ‘brouillon’ avec sa traditionnelle Porsche 914/6) et le surprenant Nicolas Willocq, que personne n’attendait dans le top 10 avec sa Honda CRX !

François 1er De Spa !

Restait donc l’ultime affrontement sous la forme d’un bras de fer entre Grégory Paisse et François De Spa, au volant de bolides totalement différents. En signant un éblouissant 1’25’’481 sur un asphalte toujours mouillé, le concessionnaire VW plaçait la barre très haut, histoire de faire honneur à son mentor Tony Kevers. C’était néanmoins sans compter sur une ultime montée tout simplement surréaliste de François De Spa, qui améliorait son chrono de plus de… 3 secondes, pour fixer les chiffres à 1’25’’635. Une fois le coefficient d’âge appliqué, De Spa s’imposait avec un temps officiel de 1’23’’837, pour 1’26’’250 à Paisse, les 10 ans d’écart entre la Golf II et l’Escort MK1 se payant cash !

1er Prix du Spectacle : Cyril PANNOZZO

« Je l’avoue, j’en avais gardé sous le pied, souriait De Spa en s’extrayant de l’habitacle de sa monture à l’ovale. Je savais que je pouvais aller plus vite, restait à voir si cela serait suffisant pour battre Grégory. Je suis bien sûr ravi de cette victoire, mais le plus important, c’est que nous avons tous passé une superbe journée ! »

Comme on pouvait s’y attendre, le podium final était complété par Geoffrey Leyon, qui a une fois encore répondu présent, et qui échoue avec un temps officiel de 1’27’’590.

Pour être complet, mentionnons encore que le Prix du Spectacle est revenu à un jeune loup en Opel Manta, Cyril Panozzo, généreux en grands travers, tandis que le Néerlandophone Pieter Gouwy a ravi le public au volant d’une Nissan Silvia surpuissante, équipée pour le Drift. Une autre première du genre au Maquisard. Le Roi de l’Escort était cette fois… François De Spa, bien sûr, qui a cumulé les trophées !

« Une neuvième édition tout simplement parfaite, commentait un Robert Vandevorst fatigué, ému, mais très heureux au bout de la journée. Tout le monde au sein de l’Ecurie du Maquisard sait ce qu’il a à faire, et cela tourne à plein rendement.

2e Prix Escort : Olivier QUERINJEAN

Et puis, il y a cette Montée en Or qui est toujours la cerise sur le gâteau. Ce vendredi 15 août, on a encore vécu de très grands moments, avec des garçons qui sont totalement dans l’esprit de nos organisations : incroyablement rapides, sans jamais se prendre la tête. Top ! »

C’est autour d’une bière, dans un grand éclat de rire, que le Maquisard 2014 s’est achevé. Et dans un coin de la tête de Robert Vandevorst et son équipe pointe déjà l’édition du 10ème anniversaire, qui sera forcément riche en surprises. Rendez-vous en août prochain !

Montée en Or / Classement final

1. François De Spa (Ford Escort RS1600 MK1 1973), 1’23’’837
2. Grégory Paisse (VW Golf II 1983), 1’26’250
3. Geoffrey Leyon (Ford Escort RS2000 MK1 1969), 1’27’’590
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Organisation Ecurie du Maquisard - Robert Vandevorst
Photos : Jean-Marc Pitz

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Portfolio

 

Documents joints


 Classement montée en Or (PDF - 42 kio)