En direct : Figaret dans la course - Spa Classic #1

L’information nous parvient, Patrick Peter et ses magiciens de Peter Auto ont concocté un nouveau meeting de courses historiques les 27,28 et 29 mai 2011...

Programmé en Belgique sur le mythique circuit de Spa Francorchamps à quelques encablures du Tour Auto Optic 2ooo, du Grand Prix de Pau Historique et à la veille des 24 Heures du Mans et de la Ronde du Ventoux Optic 2ooo, ce sera "Spa Francorchamps Classic" et cela ressemble bien à un rendez vous immanquable !

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Coup de fil à mon complice et co pilote Christian Craff pour m’assurer de partager le volant de la Type E comme nous avons l’habitude de le faire sur les courses d’endurance historique. Nous sommes allés ensemble au bout de Le Mans Classic 2010 et des Dix Mille Tours du Castellet alors naturellement nous nous engageons à 2 pour cette première édition du Spa Classic en plateau Sixties Endurance.

La suite sera moins simple.

La type E 3,8L série 1 de 1962 sort du Tour Auto avec quelques séquelles. Cette année la Jaguar "FIGARET" n’a pas rejoint Biarritz et l’arrivée du Tour Auto. Une sortie de route dès le deuxième jour sans trop de dégâts apparents aura finalement raison de nos ambitions à quelques kilomètres de Bordeaux.

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Le diagnostic sera sans appel, support de boîte cassé, embrayage hors service, silent bloc rompus. Nous nous résignons à l’abandon. Rageant alors que nous enchainions les bons temps après ces débuts difficiles et qu’une nouvelle fois "ALAIN FIGARET" est le fournisseur officiel de l’évènement - à l’instar du Le Mans Classic, les Dix Mille Tours et de ce prochain Spa Francorchamps Classic !

Au lendemain du Tour Auto, on ne lambine pas, la Jaguar rentre à l’Atelier 46 à Courbevoie, pour une remise en forme de rigueur. Le moteur est tombé, la boîte sortie, les mécanos changent l’embrayage, renforcent les points faibles, tout est scruté pendant que la caisse part en carrosserie.

Christian est inquiet, il y a de quoi, les jours passent, la Type E n’est pas sur ses roues, nous interdisant de tester l’auto avant la course. Finalement, la Jaguar arrivera juste à temps en Belgique pour les contrôles techniques, la veille des qualifications !

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Ce timing nous permettra de nous concentrer sur le montage de la boutique officielle et de la loge ALAIN FIGARET, et de faire le tour des paddocks à commencer par les deux plateaux sponsorisés par FIGARET, le Sixties Endurance et Troféo Nastro Rosso, à toute chose malheur est bon !

Pas de roulage avec les nouveaux réglages, une bien piètre connaissance du circuit - en fait une révision des trajectoires en bonne et dû forme pour chacun d’entre nous sur Youtube (!), quelques tuyaux glanés ça et là et trois tours de pistes me concernant, souvenir d’un bref roulage en invité lors du Tour Auto 2009 ! Le ciel est menaçant, ce vendredi, la piste trempée, Christian et moi n’en menons pas large.

Fort d’une bonne douzaine de Monte Carlo historique, et coutumié des ruades de son Alpine berlinette Groupe 4, Christian est un habitué de la glisse, pour ma part même si j’affectionne l’acrobatie, je me sens plus rapide sur le sec avec la Type E qui devient soudainement sous vireuse sur le mouillé.

Nous avons attentivement suivi le briefing pilote, la Jaguar porte ses numéros de course, l’auto comme nos licences et notre équipement de pilote ont reçu l’approbation des commissaires techniques, nous sommes prêts !.

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Vendredi matin, roulage libre, nous sommes tous confrontés aux caprices du temps et c’est donc sous la pluie que nous nous engageons sur le fameux toboggan des Ardennes.

Le tracé semble d’abord impressionnant, le plateau du Sixties Endurance aussi !

Une armada de Cobra, menées par les Alliot, Art / Hugenholz, Caron, Guenat / Mahé, quelques sérieuses Porsche avec entre autres Kholer, Bussolini, ou Liechti / Twaites, sans oublier une horde de Type E musculeuses au volant desquelles les Benz / Trichet, Traber / Enjalbert, Farrel / Gates sont de sérieux prétendants aux belles places !

Le plateau a de quoi impressionner on en oublierait les Ferrari 250 Berlinetta, ces merveilleuses bêtes de course, un comble !

La Type E n°28 n’est pas au bout de son développement et malgré ses kilos de trop - un embonpoint dû à sa carrosserie tout acier - et ses seulement 250 cv - les grosses Type E "sortent" entre 300 et 340 cv (!) ne s’en laissera pas conter pour autant !

9 heures du matin, place à 20 minutes de roulage chacun qui nous permettent de nous faire une idée de ce qui nous attend en course, ça monte, ça tourne, ça descend, ça roule fort, un circuit pour gros coeur, la légende n’en est pas une !

Notre humble expérience des circuits nous aide toutefois à lire la piste, sans en découvrir tous les secrets, loin de là, nous en cernons tout de même les principales difficultés, reste que les secondes les plus précieuses se gagnent dans les détails !

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15H00, la pression monte, nous nous dirigeons calmement vers la voiture, chacun vérifie son équipement, casque, gants, hans tout est là, Gael Regent le team manager d’Atelier 46 lui aussi engagé sur le meeting avec Guillaume Goublé sur sa Mustang du Tour Auto - cette fois ci en challenge ASAVE - a la lourde tâche de nous assister, de nous conseiller, de vérifier que tout est en place et de nous rassurer de sa présence. 15H30, pré grille, Jean Pierre, le mécanicien qui prend soin de la Jaguar au quotidien aux côtés de Gael, enlève la goupille de sécurité de l’extincteur et me sangle. Selon nos habitudes je prendrai le premier relais des qualifs.

15H50, c’est parti, sortie des stands rapide, montée latérale sur le raidillon et longue ligne droite avant les combes, je ne force pas me donnant un nouveau de reconnaissance, pourtant des le premier virage serré sur la redescente, je bloque les roues avant, la piste semble une patinoire ! Le double gauche passe mieux, en glisse des quatre roues !
Déjà Blanchimont, délicat sur le mouillé, une des parties les plus rapides du circuit en longues courbes, j’arrive sur la chicane et j’aperçois la Source, annonciateur de l’impressionnante descente le long des stands Endurance avant le raidillon...

Dès la descente, le rythme accélère, à croire que la présence du public sur les terrasses poussent les concurrents à vraiment démarrer la course. Je me libère et ne pense plus qu’aux trajectoires, d’un coup, je suis dedans, comme ci le régime moteur à l’approche des 6000 tours faisait le vide autour de moi, c’est incroyable comme la concentration s’installe rapidement. Toutes les questions s’estompent au profit de l’ambition de bien faire.

Ce circuit est un bonheur, les pilotes expérimentés disent qu’il est le plus beau circuit du monde, même si mon expérience n’est qu’hexagonale, cela ne fait aucun doute. Les circuits historiques sont en général dessinés dans la nature, à Spa on croirait que c’est dame nature elle même qui a tenu le crayon du tracé !

[Lire la suite #2 : les qualifs]
[Lire la suite #3 : la course]

Texte : Ludovic Le Boeuf
Photos : www.photoclassicracing.com