Zoom sur la Triumph Acclaim

Voici une nouvelle rubrique qui va revenir sur des modèles issus de mariages improbables entre des constructeurs que, sur le papier, tout oppose.

Penchons-nous sur cette première « bipolaire » :
la Triumph Acclaim

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Nous ne reviendrons pas sur le désastre de l’industrie automobile anglaise, il faudrait un livre pour retracer ce naufrage qui entraîna avec lui nombre de prestigieuses marques comme Triumph. La marque de Coventry évoque avant tout des modèles sportifs aux lignes « so british » comme la Stag V8 ou de la redoutable Dolomite. A la fin des années 70, malgré des modèles atypiques et séduisants Triumph fait face à des problèmes de fiabilité rédhibitoires. Ne pouvant plus s’appuyer sur le groupe British Leyland lui-même sous perfusion, la marque est sur le point de disparaître quand Honda arrive de manière inattendue à son secours. La démarche du constructeur nippon n’est pas sans intérêt à une époque où la production du pays du Soleil-levant est soumise à de sévères quotas sur le marché européen. Pour contourner cela, Honda va proposer de produire l’un de ses modèles en Angleterre.

Fin 1979, Honda signe un accord avec British Leyland pour produire une version européenne de la Honda Ballade. Cette dernière devra cependant avoir une grande majorité de ses composants produits en Europe. Si au premier abord ce mariage semble hasardeux, il en résultera une très bonne voiture baptisée Triumph Acclaim qui sera commercialisée dès 1981 en remplacement de la Dolomite. La voiture était propulsée par un bloc transversal en alliage de 1335 cm3 qui était déjà largement utilisé sur les Honda Civic et Ballade. L’alimentation était assurée par deux carburateurs Keihin (La Honda Ballade n’en avait qu’un). Il en ressortait une puissance honorable de 70 ch. Equipée au choix d’une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports ou automatique à trois rapports baptisée Trio-matic (basée sur le principe Hondamatic), la transmission se faisait sur les roues avant. L’Acclaim proposait 4 versions (L - HL - HLS et CD) avec un degré de finition et d’équipement supérieur à la Ballade. Une très rare série spéciale fera son apparition en fin de carrière : L’Avon Turbo. Gavée par un turbo Garrett, le moteur japonais développait 105 ch et propulsait la Triumph à 193 km/h. Cette version est aujourd’hui introuvable et très recherchée.

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La petite berline anglo-nipponne s’avéra finalement très fiable et bien née. Cela lui permit d’entrer dans le top 10 des voitures les plus vendues en 1982 et 1983 sur le marché britannique et de faire une honnête carrière à l’étranger. Après 133.626 exemplaires produits, l’Acclaim tirait sa révérence en 1984 et marquait hélas aussi la fin de Triumph. Honda put cependant se raccrocher à la marque Rover pour une nouvelle collaboration qui fut plus longue et fructueuse.

Article : Jean-François DUBY / Auto Full News