Les bagnoles des Tontons Flingueurs

Si en matière automobile, nous fêtons chaque année les 50 ans de tel ou tel modèle, cette année, on fête également les 50 ans d’un film culte : Les Tontons Flingueurs.

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Ça c’est bien passé jusque là, si ce n’est que Georges Lautner ’vient de caner’, comme dirait Audiard. Ce film mythique avec ses répliques que les inconditionnels connaissent par coeur est aussi représentatif du marché automobile français de l’époque. De nombreux modèles sont utilisés tout au long du film, des modèles adaptés au profil de chacun : notable, gangster, jeunesse dorée. Revue de détail.

La Peugeot 404 de Monsieur Fernand

- " J’dis pas que c’est la première fois que vous montez à Paris Monsieur Fernand, j’dis que ça tombe mal. Si le vent est frisquet, vous avez une couverture à l’arrière et Germaine a mis du thé dans le thermos. "
- " Et pourquoi pas de la quinine et un passe montagne ? On croirait vraiment que je pars au Tibet. "

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Avant que Fernand Naudin ne replonge dans son passé, il est un honnête commerçant de matériel agricole - à Montauban , " On ne devrait jamais quitter Montauban " - qui roule comme il se doit à l’époque en Peugeot. Le film démarre d’ailleurs par plusieurs plan sur sa 404. Cette voiture fut désignée par Pininfarina et lancée par Peugeot au début des années 60 en replacement de la 403. La 404 était déclinée de nombreuses versions : berline, break familial ou commercial, cabriolet, coupé, ou encore en camionnette. Elle connus de nombreuses motorisations à carburateur, à injection d’essenceet bien sur - déjà - en gasoil. Très robuste, elle s’illustra dans de nombreux rallyes africains et remporta notamment 4 fois l’East African Safari. Cette voiture a aussi fait le bonheur des taxis. D’ailleurs, lorsque Patricia fugue chez Antoine, c’est à bord d’un Radio Taxi en Peugeot 404 que Tonton Fernand part à sa recherche.

La Simca Vedette de Pascal

- " J’admets qu’ils ont l’air de deux branques, mais je n’irais pas jusqu’à m’y fier, non ? C’est quand même des spécialistes. Le jeu, ils ont toujours été là dedans les Volfonis-brothers : à Naples, à Las Vegas, partout où il y a des jetons à racler, ils tenaient les râteaux hein ? "

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Quand y a du suif chez Tomate et que Fernand vient d’hériter de la situation, il part avec Pascal, le porte-flingue. Celui-ci roule en Simca Vedette. Une française au look d’américaine, parfaite pour un gangster. A l’époque du film, c’est une voiture en fin de carrière, elle fut produite dans de nombreuses déclinaisons, à l’américaine, avec des nouveautés presque chaque année. Il faut dire que Ford avait refilé le bébé à Simca, préférant se recentrer sur ses activités en Allemagne. Cette voiture fut la dernière voiture française équipée d’un V8.

La Buick des tueurs

- " A l’affût sous les arbres, ils auraient eu leur chance, seulement de nos jours il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied, l’esprit fantassin n’existe plus ; c’est un tort. "

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A peine arrivé chez Tomate, voilà que Fernand est victime d’une première tentative d’assassinat. Les tueurs sont dans une vrai voiture de méchant, une Buick Super Eight. On peut dire qu’elle a la gueule de l’emploi. La genèse de cette voiture remonte aux années 40. Elle terminera sa carrière à l’aube des années 60. Comme toute bonne américaine, elle dispose d’un V8. C’est une voiture un peu dépassée à l’époque du film, mais comme souvent, des voitures ayant été à leur lancement aux mains de notables car symbole de réussite, finissent leur vie entre des mains peu recommandables.

Le Renault 2,5T Galion de Théo

- "Quand y’a six briques en jeu, j’prétends n’importe quoi. J’ai conduit des tracteurs, des batteuses, et toi qui parlais de guerre, j’ai même conduit un char Patton."
- "Ce n’est pas ma marque préférée."

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Quand Théo ne trouve plus de chauffeur pour transporter 6 millions de Pastis, il tends un piège à Fernand. Fernand va prendre le volant pour livrer lui-même. Et il manque encore de se faire dessouder. Le camion Renault 2,5T Galion est LE camion de livraison de l’époque. Un engin économique et maniable. " Aussi robuste et spacieux qu’un camion de fort tonnage, aussi rapide et économique qu’une camionnette " disait la réclame de Renault. Cet engin a connu un certain succès car il était disponible en plein de déclinaison : plateau, benne, bâché, tôle, citerne, bétaillière... Il a été la base de bien de véhicules spéciaux pour les pompiers, les ambulanciers ou encore la police.

Les voitures de la jeunesse dorée

- " Ah te voilà toi ! et c’est ça que t’appelle une petite dînette au coin du feu, dis ? Tu vas m’expliquer un petit peu maintenant ? "
- " D’où viens-tu ? "
- " De chez des amis. "
- " D’anciens paras ? Vous avez évoqué le bon vieux temps, cooptation, close combat, vous avez joué au lance flamme ... "

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Après avoir réchappé à l’attentat organisé par Théo et être passé faire du recouvrement chez les Volfoni, Monsieur Fernand arrive à la maison où Patricia a organisé une petite fête. Le parking est révélateur des autos possédées par la jeunesse dorée de l’époque : Chevrolet Corvette C1. Une auto de rêve qui peut être commandée avec le 6-cylindres en ligne ou un small-block V8 de 4,3 L développant 195 ch4 qui évoluera au cours des années jusqu’à 5,4 L (327 ci) pour 360 ch. Une boîte manuelle à trois rapports est proposée fin 1955 pour les modèles équipés du V8. À partir de 1956, le 6-cylindres est abandonné et seule la motorisation V8 est proposée avec un 283ci. Il y a aussi la désirable Austin Healey 100/4- qui sert de réceptacle à l’invité indélicat - produite de 1953 à 1959. avec un 4 cylindres de 2 660 cm³ et 90 ch emprunté à l’Austin A90 Atlantic. Autre voiture entraperçue, une mignonne Fiat 1100 TV Trasformabile, très dolce vita.

L’ID19 de Théo

- " Qu’est ce que je vois là ?, ça "
- " J’l’avais en cas qu’il aurait fallu tirer en rafale, des fois qu’ils seraient tous sortis d’un coup, TATATATATA ......Hop ! "
- " C’est marrant que t’es gardé ce côtés maquisard, t’es pas en âge d’arrêter tes momeries ? "
- " Bon, c’est fini oui ? Puisque je vous dis que je suis pressé ! "

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Alors que le mariage de Patricia et d’Antoine se prépare, Monsieur Fernand grâce à Pascal et Bastien découvre que ce ne sont pas les Volfoni qui en veulent à sa vie, mais Théo. Voulant régler cela avant le mariage, ils partent pour la distillerie pour régler l’affaire. Théo s’enfuit de la distillerie à bord de son ID19, elle sera son tombeau à la fin du film. Lorsque l’ID19 est sortie de chez Citroën, toute la production automobile de l’époque a pris 10 ans d’un coup. La soucoupe volante a atomisé la concurrence. Sortie en mai 1957 motorisée par un moteur 1 911 cm3 66 ch issu de la traction 11.Elle partageait avec la DS la suspension hydraulique, mais se démarquait par la boîte de vitesses à embrayage classique, la direction et le freinage non assistés. Les ID, à la finition moins luxueuse que la DS, se reconnaissent à l’absence d’enjoliveurs de roues, aux enjoliveurs de phares couleur carrosserie et non chromés, au caoutchouc noir de leur entourage de pare-brise, à leurs cornets de clignotant arrière en plastique bordeaux puis noir et aux chevrons argentés apposés sur la malle arrière. Le toit des ID était en fibre de verre translucide non peint , il sera peint en blanc à partir des modèles 1962.

Le film regorge d’autres voitures qui apparaissent en arrière-plan : 2CV, Ami 6, Aronde, Citroën 11B, Fiat 1300, Peugeot 203, Jaguar MKII, Renault Dauphine... Bref, toute une époque ! Une époque où la voiture était synonyme de liberté.

- " Y’a des impulsifs qui téléphonent, y’en a d’autres qui se déplacent. "

Texte : Newsclassicracing - sources Wikipedia