Formule Renault Classic-Nogaro : Dans l’œil du débutant !

Découvrez aujourd’hui la "1ère fois" de Joachim Bernard de Lastours en Formule Renault Classic à Nogaro les 8 et 9 septembre dernier ;

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Nogaro le 07/09/2012. Ca y’est, j’y suis ! Au volant d’un fourgon qui tracte ma formule Renault, une Martini de 1982, je me présente devant l’entrée du circuit pour la première fois en acteur ! Cela fait des années que j’use toutes les parties du circuit, réservées aux spectateurs en rêvant d’être sur la piste. Cette fois-ci, c’est vrai !

Timidement, je me présente aux officiels, ne sachant pas vraiment la procédure à suivre. Où aller, que présenter, quel emplacement ? Je prends alors possession du box n°13 que je partage avec 3 autres concurrents déjà là depuis la veille. Après m’être présenté, je dépose la Martini que je n’avais encore jamais essayée depuis son achat au printemps. Elle nécessitait un nouveau réservoir d’essence et ne fut monté que la veille à 22h ! N’ayant aucunes compétences mécaniques et à peine plus de matériel, tout est long et ce malgré l’aide précieuse de mes proches. Ainsi, rendez vous pris le vendredi matin avec le commissaire pour vérifier la conformité sécurité. Dur, dur, car seuls les harnais, extincteur et réservoir sont neufs, tout le reste étant d’origine !

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Un véritable cas pratique pour les élèves du pôle mécanique de Nogaro qui subiront les questions du commissaire sur ce « qui ne va pas » !

Un peu désemparé face à la tâche restant à accomplir en 3 h (durites, hauteur de caisses, batterie, actuateur, etc…) c’est grâce à la gentillesse et aux compétences de mes camarades de box que je démarre enfin l’auto pour prendre part aux essais. Je connais le circuit pour y avoir roulé une journée entière en 2011 sur une moto, et les trajectoires sont sensiblement les mêmes. Mais la vision et l’angle des virages sont différents au ras de la piste qu’en haut des gradins et tous les virages semblent... et sont plus serrés. Résultat, un tête à queue en visitant les bas côtés !
Les sensations d’une monoplace sont incomparables et si le moteur n’est pas très violent, freinages et passages en courbe sont stupéfiants. De retour aux stands, pas le temps de profiter trop longtemps d’un bref sentiment de réussite, car de nombreux détails restent à régler et particulièrement pour une grosse soudure sur le pot d’échappement qui durera jusqu’à 20h30.

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Le lendemain, les choses sérieuses commencent avec les essais chronos. Je subis et surveille dans mes rétros les F3 les plus rapides. 5 mn avant la fin, direction les stands car je fatigue déjà et ne veut pas casser la voiture pour un tour de trop. Le chrono me situe en milieu de grille pour la course de l’après-midi.
30mn avant la course, direction la pré-grille, il faut donc s’habiller 45mn avant et que la voiture soit prête bien avant..... donc ! je serai toujours limite au niveau timing durant les 3 courses et essoufflé en montant dans l’auto !
Le tour de chauffe se passe bien. Chacun prend sa position sur la grille, moteurs éteints. 3mn plus tard, le panneau moteur est présenté…mais le mien ne démarre pas car plus de batterie ! On m’évacue de la piste pour laisser partir les autres et c’est finalement à la poussette que je démarre avec une 20s de retard sur les derniers !

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J’arrive à en rattraper pour terminer 10ième des Formule Renault malgré un moteur qui ratatouille. Décision est prise de changer de batterie pour la course du dimanche matin.

2e course : Départ lancé, tout se passe bien, je garde ma position et tente de suivre le rythme, mais à mi-course, de nouveau des problèmes de moteur qui n’arrive pas à prendre des tours. Je termine finalement 7ième.

3e course : sur les conseils avisés de Jean Louis Géraud, je change des bougies et la voiture marche enfin sans ces problèmes. Le départ est plus agité et il me semble gagner des places. Je me souviens avoir doublé une auto en bout de ligne droite, là même où je regardais les autres faire, les années précédentes !

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Devant moi, une auto que je n’arriverai pas à rattraper suffisamment pour l’inquiéter, et ce d’autant plus que 4 tours avant la fin, gros problème car la 4ième passe très mal et je préfère assurer en ne l’utilisant pas, gérant mon avance sur mon poursuivant, décomptant avec anxiété les tours restant.

Drapeau à damier, ouf ! Je profite de ce tour pour saluer timidement le public et remercier les bénévoles-commissaires. Je n’ai alors aucune idée de ma position, mais je suis content, tout simplement, quand rentrant aux stands, on me dirige vers l’emplacement réservé au 3ième ! 3ième ! Je suis sur le podium !! Mes proches sont là, derrière un cordon de sécurité, comme en F1 !! Pour mes enfants, c’est sur je suis l’égal d’Alonso !

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Tout passe très vite alors, direction le podium, avec le passage dans le salon climatisé où les officiels nous remercient et nous proposent de l’eau. A côté de moi, les habitués du podium me félicitent. Mon sourire est figé sur position grand ouvert et je retourne les compliments dans une ambiance assez irréel, encore étonné d’être là. Peut être suis-je Alonso… !

Je prends place sur le podium et découvre le seul point de vue que je ne connaissais pas du circuit, vraiment magnifique ! Là encore cela va trop vite. Ma coupe m’est déjà présentée et c’est vrai qu’elle est très belle vu d’ici. Le speaker vedette me pose une question à laquelle je réponds comme Alonso ! Je suis bien là haut, mais il faut déjà redescendre pour remercier tous ceux qui m’ont accompagné durant tout le WE, ceux sans qui je n’aurai pas réalisé ce rêve.

Déjà, il faut ranger et rentrer se coucher, toujours en souriant…

Texte et photos 1et2 : Joachim Bernard de Lastours
©photos 3à7 : Jean-Marie Biadatti-www.photoclassicracing.com

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