En direct : Mon Classic Rally Tour de L’Aisne

Un Rallye de navigularité historique comme on les aime !

Pour clore une première année de découverte des rallyes historiques, qui m’a permis de prendre en main mon coupé Bertone Simca 1200S (ma dernière propulsion, une Simca 1000 Rallye 1, remontait à 1982), j’avais envie de faire l’expérience d’un rallye « hivernal ».

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Notre team manager du TARégul, Jean Marie, nous ayant vanté les mérites du Tour de l’Aisne (27 novembre), pour sa bonne organisation , son parcours roulant , sa régul exigeante, un rythme soutenu et ses routes glissantes en période de betteraves et de gel, je me suis engagé avec, dans le baquet d’à côté, un nouveau copilote- navigateur, Bernard Lefebvre.

Bernard, qui a couru des rallyes modernes il y a quelques années avec une 205 GTI, navigue maintenant une ou deux fois par an, en « historique » en R8 Gordini, avec son frère.

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Propulsions et petites cylindrées , la Gordini et la 1200 S sont contemporaines de la fin des années 60 et début des années 70 ; il n’a pas été dépaysé, trouvant même la Simca plus confortable en suspension et pour le chauffage.

Il faut dire que pour faire un rallye fin novembre, alors que le thermomètre vient de chuter brutalement et que la météo annonce de la neige, un bon chauffage est recommandé, ainsi que des pneus neige. J’avais donc équipé l’auto de chaussettes pour l’hiver, des pneus contact, étroits et pleins de lamelles, gage d’adhérence, de sécurité et de plaisir.

Le vendredi soir, nous retrouvons Jean Marie et Raymond pour les contrôles administratifs et techniques à Reims d’où partira le rallye le samedi matin, avec 66 équipages au départ : un très beau plateau composé de nombreuses Alfa, Porsche, Alpine, Opel, Austin, et même d’une Lancia Stratos, et d’un courageux équipage en Lotus Cathéram (découverte). Assez peu de 1300 cc, nous faisons donc office de petit Poucet, côté puissance, et pour cette raison, autant que pour la glisse et la magie du grand manteau blanc, j’espérais la neige.

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Elle ne fut pas au rendez vous de ce rallye, sauf sur deux ou trois kilomètres, mais les petites routes de la Marne et de l’Aisne nous ont procuré un grand plaisir de pilotage tout au long de l’épreuve tracée par Pablo Castelain ; un maître en la matière, puisque l’épreuve reprend des tronçons du Rallye de l’Aisne moderne qui s’est couru il y a quelques années, au temps des grands rallyes régionaux.

Dès le départ, on est vite dans l’ambiance, puisque le rallye commence par une sorte de prologue, une spéciale au milieu des vignes.

D’emblée le rythme est très soutenu, la navigation est franche, on ne tourne pas autour des églises, on roule, on roule ,on change de direction , et on relance à fond, et encore , et encore , car du côté du chrono, on est limite tout le temps ; en attaquant sans arrêt, on arrive en vue des TIP ou des CH avec une minute ou deux d’avance si tout va bien ; pas de quoi se distraire avec le paysage, ni jardiner trop.

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J’enregistre attentivement les consignes de Bernard, très précis, qui a fort à faire avec le road book, le trip, la calculette et les tables de moyennes, puisque le cadenceur( ATB ) est interdit ; un rallye "à l’ancienne », on vous le répète ! Il faut pointer « à la seconde « et nous y arriverons à plusieurs reprises. C’est nouveau pour moi.

Je me concentre sur la conduite ; l’aiguille du compte tour est souvent entre 5000 et 6000 tours ; à l’issue de la matinée nous sommes 10ème, et 3èmes de la classe 1300 cc ; nous avons déjoué le piège d’un faux CP, que Raymond et Jean Marie, eux, ont pris ; ils ne sont pas dans les quinze premiers à ce moment ; c’est le monde à l’envers ! Dans le microcosme et la hiérarchie du TARégul.

Notre équipage fonctionne bien, tout comme l’auto ; avec l’air froid et vif la carburation est au top, et les pneus contact, très accrocheurs, dérivent très progressivement ; ils préviennent bien quand la glissade s’amorce ici ou là sur la terre ou les feuilles mortes. Je me prends à penser, que décidément, nos routes du Vexin sont trop propres, comparées à celles de l’Aisne.

L’après midi, hélas, un secteur nous sera fatal ; un décomposé raté, deux fausses pinces (60 points chacune ) et un retard de 4 minutes, que l’on paiera par une lourde pénalité à la ZR 5 ( un point par seconde ) On fait un grand bon.... en arrière. On passe à la 31ème place.

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Nous restons concentrés et l’on espère encore « remonter » dans les étapes suivantes.
L’étape de nuit est sans difficultés majeures, elle ne le permettra pas. Cependant, le plaisir est là , car le pilotage de nuit procure des sensations intenses, "magiques" . Le pinceau des phares cherche la route sinueuse qui se dérobe ; On aimerait disposer de phares tournants ( seule une DS présente sur le Rallye en dispose), mais las , « à l’ancienne « on vous dit ! Et la Simca se contente de ses gamelles fixes, un peu justes en puissance.

Le dimanche matin, la « promenade « est toujours rapide, la carto franche, le road book parfait, les contrôles de régul sont nombreux et bien cachés : deux par ZR, et une ruse de pseudo contrôle, qui vous fait croire que s’en est fini, et crac une auto bien cachée en fin de zone attend l’imprudent qui a déjà ré accéléré. C’est sport, et réglo : ici, quand on se fait avoir, on sait pourquoi, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs, dans d’autres rallyes ou les pièges sont tirés par les cheveux.

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On s’applique : dans les ZR, j’apprends à rouler à 48,25 de moyenne, ou a 47,75 mais il est dorénavant difficile de grignoter des places. A l’arrivée, presque 500 km ont été parcourus depuis la veille. Ça roule beaucoup au Tour de l’Aisne, mais quant on s’arrête et que l’on s’extrait de l’auto, la convivialité et le réconfort sont bien présents. Les organisateurs ont le sens de l’accueil, l’ambiance est chaleureuse et les prestations d’excellent niveau.

Il faut souligner la qualité de l’hôtellerie et de la gastronomie lors des repas pris dans d’agréables établissements, à Villers- Cotterets le samedi midi, à Laon le soir et le dimanche midi à l’arrivée à Saint Quentin ; la pose du dimanche matin, entre deux secteurs, nous réserve une surprise : elle est agrémentée d’huitres ! On sait recevoir les concurrents au Tour de l’Aisne Classic ! Une équipe organisatrice compétente, et bien rodée, animée par la passion et le souci de bien faire, Historic Rallye Organisation : pas étonnant que dans ces conditions, il y ait eu vingt équipages en liste d’attente. Au classement final, l’équipage n° 14 Bierling -Collovald est 5ème et le nôtre, Rault - Lefevre est 28ème sur 66 inscrits et 63 classés.

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Nous avons beaucoup apprécié cette épreuve « haut de gamme », qui a tenu toutes ses promesses sportives et qualitatives. On y reviendra en 2011, et je ne peux qu’encourager les équipages du TARégul à y participer l’an prochain. Plus nombreux nous pourrons ainsi nous inscrire et concourir en « team « et qui sait, espérer une coupe ?

Texte : Jean Claude RAULT (N°20)
avec la participartion de Jean-Marie Bierling (N°14)
Site web : TEAM TARégul

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©photos : www.photoclassicracing.com

 

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